Vastaa Viestiin

Grand froid en 1709 à Averton

pmichel45
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Tarkastele heidän sukupuutaan.
Bonjour

Le père Angoulvent, curé d'Averton (53) en 1709, nous renseigne sur le grand froid qui a sévi cette année-là, ainsi que ses conséquences sur le prix du grain
Période 1706/1710 - pages 54 & 55

http://archinoe.com/ark:/37963/131309940f5dee28

http://archinoe.com/ark:/37963/4zkxtkwrqmqbxfmq

Bonne lecture à tous
Marinette P.

bricor
bricor
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Bonsoir,

Ça doit correspondre au petit âge glaciaire

https://fr.wikipedia.org/wiki/Petit_%C3%A2ge_glaciaire

Brigitte
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Questions fréquentes
http://www.geneanet.org/forum/?topic=574496.0
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"A l'an que vèn, e se sian pas mai que siguen pas mens"

pmichel45
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Bonsoir Brigitte,

En effet vous avez raison j'ai trouvé cet article, bien que le petit âge glaciaire a duré de 1303 à 1860 (un demi millénaire)  l'année 1709 est appelé "à juste titre" le Grand hyver
Peut-être que d'autres généalogistes ont trouvé des témoignages  dans d'autres régions françaises et peut-être dans d'autres pays européens.

http://meteo.chronique-ain.com/dossiers/histoire/cadre_grand_hyver.htm

Marinette P.

psaliou
psaliou
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La conséquence la plus connue de ces périodes de grands froids et de mauvaises récoltes, c'est la Révolution de 1789.
Kenavo,
Pierre

yvrodhel82
yvrodhel82
Viestit: 77
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Je viens également de trouver le récit de ces grands froids sur le registre des BMS  de Villebrumier  dont j'ai réussi à faire la lecture :
Registre paroissial des BMS (AC) (vues 61,62 du registre 1700-1710).
Ci-joint ma lecture
Liitteet
Terrible année 1709.pdf
(1.01 MiB) Tiedosto ladattu 22 kertaa

pmichel45
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Bonjour à tous

Je me souviens que lorsque j'avais gardé ce document (voici plusieurs années), j'avais recherché par ailleurs, un site dédié à ce "grand hyver" citait le récit du curé de la paroisse de Mouterre-Silly (86)
A découvrir aux AD de la Vienne - période 1703/1715 - vues 46 à 48)

Quant aux hivers rigoureux connus en Europe avant la Révolution Française, ils se sont déclarés suite à l'éruption d'un volcan en Islande.

psaliou
psaliou
Viestit: 11556
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Tarkastele heidän sukupuutaan.
Les hypothèses sur les causes de ces périodes de grands froids sont nombreuses et les éruptions volcaniques ne concernent pas exclusivement la période précédent la Révolution.

http://www.lefigaro.fr/environnement/2012/02/01/01029-20120201ARTFIG00280-les-mysteres-du-petit-age-glaciaire.php

http://www.dinosoria.com/periode_glaciaire.htm

http://www.geneachristol.fr/climat.html
Kenavo,
Pierre

orange38
male
Viestit: 307
Egalement dans la Meuse
Liitteet
1709 BELRAIN hiver Glacial.pdf
(144.03 KiB) Tiedosto ladattu 11 kertaa

pmichel45
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orange38 kirjoitti:
09 Elokuu 2017, 00:32
Egalement dans la Meuse
Bonjour

Pourtant en Lorraine, la "grande froidure" vous connaissez - Marinette

psaliou
psaliou
Viestit: 11556
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Pas utile de faire un message par département (...qui n'existaient pas...) autant (re)préciser que cette vague de froid a touché  toute l'Europe dont le Royaume de Louis XIV.

Un topo météo (....désolé, ça fait un peu de lecture  :) ):

L'hiver 1709

Parmi tous les hivers rigoureux, seuls trois peuvent être qualifiés d'exceptionnels depuis 1676 car la température minimale resta plus cinq jours consécutifs au dessous de -10°C à Paris. Ce sont les hivers 1683-84, 1694-95 et 1708-09. L'hiver 1709 fut même un hiver de triste mémoire, puisque le froid sévère a eu des conséquences désastreuses sur la vie animale et végétale, amenant à sa suite, comme le rapportent les chroniqueurs du temps, la famine et la misère sur la société de l'époque. La description des conditions météorologiques tirées de ces chroniques au cours des mois de janvier et février 1709 sont quelques fois sujettes à caution (il n'est pas rare de lire qu'il a gelé pendant plus de 30 jours consécutifs) et les observations de Louis Morin permettent de connaître dans le détail cette évolution à Paris.

Le froid prit subitement le 6 janvier entrainant en 24 heures une chute brutale de température atteignant 17,4°C. Dans son ouvrage, Lachiver (1991), à partir de témoignages de l'époque, a pu reconstituer la progression du froid qui commença à Lille le 5 vers 21 heures, pour atteindre Perpignan le 7 vers 3 heures du matin. A Paris, le température minimale descendit au dessous de -15°C le 10 pour s'y maintenir pendant 11 jours consécutifs, à l'exception du 17 janvier où le thermomètre indiqua un minima de -7,5°C. Trois pointes de froid se succédèrent les 13, 14, 19 janvier pour dépasser -18°C. Le vent dominant provenait alors du SSE. Il neigea les 8, 11, 12, 14, 15, et 16 janvier, ce qui protégea les emblavures d'un gel fatal. Le dégel s'amorça enfin le 25, avec des températures variant entre 0 et 7,5°C et le passage de plusieurs système pluvieux. Mais, le froid s'abattit de nouveau entre le 4 et le 8 février, avec des minimales voisinant les -5°C, puis une fois encore entre le 21 février et le 3 mars, avec un minimum de -13,5°C le 24. Entre ces deux derniers épisodes un réchauffement dépassant 12°C s'était produit. Cette alternance de gel et dégel fut catastrophique pour la végétation comme le Père Cotte (1776) en fait la remarque à propos de l'hiver également très rigoureux 1775-76 : " le frois de ce mois de janvier 1776 fut précédé comme en janvier 1709 d'une grande abondance de neige qui mettait les blés à l'abri de ses rigueurs. Ils n'auraient pas soufferts en 1709, si après le dégel, il ne fut survenu, la nuit du 23 au 24 février une seconde gelée qui fit les plus grands ravages."

C'est à la suite de cet hiver 1709 que presque tous les vignobles furent détruits en France, à l'exception de ceux du pourtour méditerranéen, ce qui entraîna un bouleversement de la viticulture dans cette région : c'était désormais la seule contrée qui pouvait fournir du vin à tout le pays. C'est depuis cette année-là que les viticulteurs ont donné la priorité à la quantité plutôt qu'à la qualité du vin (Dion, 1959).

La température la plus basse de cet hiver fut observée par La Hire le 13 janvier et nous avons vu précédemment qu'elle correspondait à -18°C. Comme son thermomètre était placé à l'intérieur d'une tour de l'Observatoire de Paris, il est certain que la température réelle de cette nuit là fut encore plus basse. Des mesures comparatives ont été faites plus tard avec le thermomètre de la Hire et un thermomètre de Réaumur placé à l'extérieur, sur le mur septentrional de cette même tour, entre 1737 et 1744 (Messier, 1776). Malheureusement pour l'étude comparative seulement... la froidure de ces hivers n'a pas atteint celle de 1709 et nous ne pouvons qu'extrapoler les valeurs relevées simultanément par les deux instruments. Cette extrapolation nous donnerait -20°C pour ce 13 janvier. En rapportant cette température (de l'Observatoire) à la station de Parc-Montsouris, on aurait subi là un froid d'environ -21°C. Le froid dut être encore plus vif dans les campagnes mais nous n'avons pas d'éléments pour le chiffrer. Cette température fut dépassée le 10 décembre 1879 à l'Observatoire du Parc-Montsouris, puisqu'elle atteignit -23,9°C. La moyenne de la température de ce mois fut de -7,4°C, soit 3,7°C plus bas que celle de 1709. Elle représente actuellement le record absolu de froidure depuis 1676.

Bien que la température moyenne de l'hiver 1709 ait été supérieure à celles des hivers 1684 et 1695 (+0,8°C contre -0,8°C), il fut, et de loin, l'hiver le plus meurtrier à Paris. On a recensé 29300 décès en cette année 1709 alors que les nombres connus immédiatement inférieurs sont 27100 en 1679 et 25600 en 1740 qui survinrent à la suite de deux hivers rigoureux. La mortalité moyenne calculée sur 75 années entre 1670 et 1770, était de 19650 personnes alors que la population restait quasiment stable à Paris (Etat général des mortuaires, 1670-1684 et Morand fils, 1771). Il est vrai qu'aucun autre hiver, pas même les hivers très rudes de 1788-89, 1829-30 et 1879-80 ne présentent une permanence de froids inférieurs à -15°C pendant 12 jours consécutifs, entre le 10 et le 21 janvier (à l'exception du 17 avec -7,5°C).

Au regard des hivers rigoureux (et fréquents) de cette époque et du XIXe siècle, l'hiver 1984-85 que les médias n'ont pas hésité à qualifier d'exceptionnel fait figure d'hiver un peu froid, à une époque où il est vrai, la froidure de cette saison est devenu bien rare.

Source : Météo France.

La source secondaire avec d'autres liens vers des documents-Témoignages:

http://forums.infoclimat.fr/f/topic/24749-le-terrible-hiver-de-17081709/
Kenavo,
Pierre

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Bonjour Pierre
J'avais lu pas mal d'articles concernant les hivers rigoureux du passé sur le site de météo France (bien documenté).

livredhistoires
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Viestit: 223
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Bonjour,
c'est le moment de reprendre les ouvrages d'Emmanuel Le Roy Ladurie, Histoire humaine et comparée du climat. I: Canicules et glaciers XIIIe-XVIIIe siècles. II: Disettes et révolutions 1740-1860. Paris, 2004-2006.
Bonne lecture.
Colette


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Bonjour
Je vous retranscris ici le copier/coller de l'article "Climatologie et Epidémies en Bretagne" du site infobretagne.com

En 1709 : " Le 6 janvier de cette année, sur le soir, commença une période de température glaciale qui s'aggrava singulièrement à partir du 13 janvier. Le 2 février survint un dégel si brusque que la débâcle des glaces causa partout de gros ravages. Puis le froid rigoureux reprit et dura jusqu'à la fin du mois, avec chutes de neige et vents impétueux, gelant les blés et les arbres fruitiers. A la messe, le vin glaçait dans le calice, et il fallait recourir à des réchauds pour le garder liquide. Quant aux baptêmes, on dut les administrer à domicile " (Histoire de Rieux, par Henry Le Breton). En 1709, le thermomètre descendit de 15 à 20 degrés au-dessous de zéro, le froid dura cinq semaines, les ceps de vigne gelèrent et on dut replanter la vigne (à Pallet, entre autre).

    Paroisse de Sévérac : « Récit de la plus terrible année qu'on ait vue depuis que le monde est créé, ainsi que je vais dire. Elle a eu trois hivers ; l'un qui commença la mi décembre 1708 et fut assez grand pour les biens de la terre, le second com­mença le 7 janvier 1709 et dura jusqu'au 27 du même mois ; froid si terrible avec la neige depuis le 9 avec grand vent qu'on ne pouvait aller ni venir. Les oiseaux faisaient pitié. Toutes les alouettes moururent presque ; les merles, les mauvis, les étour­neaux et autres petits oiseaux remplissaient les maisons, les grolles s'entremangeaient. Les grains ne souffrirent pas, à ce qu'on croit, de ce choc, mais tout étant mortifié par ce que je viens de dire, et le temps étant tantôt pluie, tantôt neige fondue. Il survint un troisième hiver le 22 février ensuivant qui dura 9 jours. C'était un froid sans pareil, un vent brûlant, les fro­ments moururent, les seigles de même. Les vignes moururent quasi toutes, du moins les vieilles ; de vin, point, par conséquent. Elles repoussèrent par les pieds et jetèrent des lames, mais cela ne fit guère. Il mourut quantité de pommiers même dans le mois de mai, tout fleuris, de gros châtaigners, tous les pins, les noyers, les amandiers, beaucoup d'abricotiers, les houx, les épines noires, toutes les ronces. Il n'y eut par conséquent point de mûres ni prunelles. Cela causa un grand dommage à la moisson, car les oiseaux qui étaient demeurés ne trouvant point à se viander dans les buissons, se ruaient sur les grains. Les genêts eurent le même sort, les ajoncs, les bruyères, Il n'y eut par conséquent point de fleurs, les abeilles moururent de faim, cependant la cire ne fut point chère, depuis 16 à 18 sols la livre. Point de miel. Les pauvres se disposent à manger du pain de racines de popites qu'on dit être bonnes pour faire du pain, du moins à empêcher de mourir. Ces popites sont des herbes qui croissent dans les landes, la feuille quasi comme de la porée, une tige au milieu à peu près comme l'asperge, elle fleurit blanc. Cette herbe a une racine composée de noeuds » (D'après les registres paroissiaux).

    Paroisse de Saint-Caradec : « Le grand froid de cette année a commencé le 7e janvier, a duré trois semaines pendant lequel temps est ainsi que dans cette province, qui est le canton le moins endommagé de l'Europe. Le froid a fait mourir des bois, brins, tronc et racine, laittiers et les bleds qui n'estoint couverts de neiges. Pendant ce terrible froid on voioint des oiseaux d'espèces inconnues qu'on prenoit aizément et mouroint en ce paye. Après cette hyvers, peu d'oiseau se voit. La neige qui a conservé le bien de la terre estoit haute de 4 pieds. Cette même année le demé de seigle, mesure de Loudéac, se vende quatre francs ou 24 livres la charge d'un cheval de voiture. On oblige ceux de cette province de fournir aux autres provinces de ce royaume une grande quantité de bleds, seigle et froment qu'ils portent aux ports de mers. Cette année on est exempt de cueillir les fruits des arbres parce qu'il n'y en a pas d'aucune espèces » (D'après les registres paroissiaux).

    Paroisse de Héric : « Nous avons eu cette année 1709 un hiver si rigoureux que tout a pensé périr. Les hommes ont souffert extraordinairement. La nourriture commune du pauvre peuple n'était que du son qu'ils faisaient cuire avec de l'eau et un peu de lait avec quelques mauvaises herbes qu'ils ramassaient par la campagne » (D'après les registres paroissiaux)


Marinette

pelisson
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Viestit: 2272
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Bonjour,
Dans mon village isèrois, "le pauvre peuple se trouvant réduit à manger du pain fait avec le marc des vendanges et de la racine de fougères. Plusieurs sont péris par la faim"
Pelisson

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Palaa sivulle “Catastrophes et calamités”